Exhibition: Monkeys and Dragons at Chantilly
The following press release comes from the Musée Conde. -HB
Singes et Dragons: La Chine et le Japon à Chantilly au XVIIIe Siècle
Musée Conde, Château de Chantilly, 14 September 2011 — 1 January 2012

Pour la rentrée de septembre 2011, le musée Condé propose une exposition qui s’inscrit dans la thématique du « voyage » qui sera développée jusqu’à la fin 2011 par le Domaine de Chantilly. En effet, les visiteurs sont invités à remonter le temps, au XVIIIe siècle, quand artistes et artisans réalisaient des œuvres peintes ou d’art décoratif sur commande, afin de combler un goût immodéré pour les décors asiatiques où singes et dragons se mêlaient parfois avec délicatesse aux animaux familiers de nos campagnes.
En ce début du XVIIIe siècle, alors que la France se passionne pour l’exotisme, le duc de Bourbon, prince de Condé (1692-1740), collectionne pour son Château de Chantilly les porcelaines, les indiennes – tissus peints ou imprimés fabriqués en Asie entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle – et les meubles en laque de Chine et du Japon. Il les fait copier par des artisans français et crée pour ce faire trois manufactures. En mécène entrepreneur passionné, il commande en 1735 au dessinateur Jean-Antoine Fraisse (1680-1739) un album de modèles, gravés en taille-douce, d’après ses collections. Les artisans au service du prince s’en inspirent, notamment pour les porcelaines de Chantilly ; et ce jusqu’en 1740 à la mort du Prince et au tournant de cet engouement pour l’exotisme. C’est à partir de cet ouvrage in-folio rarissime que Nicole Garnier, conservateur général du patrimoine chargée du musée Condé, a conçu son exposition de rentrée où sont présentés outre les deux exemplaires enluminés provenant des collections du Château de Chantilly et de la Bibliothèque nationale de France (Bnf), des gravures de Fraisse (dont deux de plus de trois mètres sont extraites de l’exemplaire enluminé), d’autres de Jean-Baptiste Guélard (1698-1767), des peintures de Christophe Huet (1700-1759) et des pièces d’art décoratif représentatives de cette époque où l’Extrême-Orient était de mise à la Cour et dans les plus belles demeures. . . .
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Catalogue: Manuela Finaz de Villaine and Nicole Garnier-Pelle with assistance from Eléonore Follain, Singes et Dragons: La Chine et le Japon à Chantilly au XVIIIe siècle (Chantilly: Édité par la Fondation pour la Sauvegarde et le Développement du Domaine de Chantilly, 2011), 64 pages, ISBN: 9782953260335, 12€.
Lecture: Sisterhood as Alternative to Fraternité
From Sciences Po (as noted at Le Blog de L’ApAhAu). . .
Anne Lafont — Sororités, ou l’alternative au motto de 1789: liberté, égalité, fraternité
Sciences Po, salle de conférences, 56 rue Jacob, Paris, 2 November 2011

Henriette-Lorimier, "Self-Portrait," 1801
Il est au moins deux registres où la question de la sororité peut faire sens dans un séminaire consacré à la passion égalitaire de la société post-révolutionnaire et de ses implications dans la vie culturelle. La sororité des arts, de la peinture et de la poésie, fut le leitmotiv de la théorie artistique à l’époque moderne. De même, le sort public des femmes engagées dans la création fut autant considéré, pendant la Révolution française, par les femmes artistes que par les femmes de lettres, à l’instar de Germaine de Staël, qui n’est pas étrangère, d’ailleurs, à la constitution de la pensée tocquevillienne. Par ailleurs, la sororité désigne le processus de communautarisation des artistes femmes en 1800, face au tout masculin initié par la société révolutionnaire des clubs et des assemblées, comme l’ont bien montré les nombreux travaux sur le genre depuis le livre pionnier de Geneviève Fraisse, Muse de la Raison Démocratie et exclusion des femmes en France (1989). Néanmoins, nombreuses furent celles qui saisirent l’opportunité de l’abolition de la censure à l’exposition publique annuelle du Louvre : le Salon, en 1791, pour investir l’espace public de la création et risquer la professionnalisation à une époque de redéfinition radicale du marché de l’art, de la commande privée et de la commande publique. En un mot, ces femmes artistes s’employèrent à suivre des stratégies de subsistance à un moment d’instabilité, où les rivalités entre artistes, en général, s’étaient accrues. Quelles furent alors les solutions imaginatives de ces sœurs de plumes et de pinceaux? En quoi leurs expériences inaugurales forment un paradigme propice à comprendre l’avènement de l’artiste moderne?



















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