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Exhibition | Tables of Power: A History of Prestigious Meals

Posted in books, catalogues, exhibitions by Editor on June 13, 2021

Jacques Roëttiers, Ornamental Centerpiece, Surtout de table, 1736 (Paris: Musée du Louvre). Additional information and exceptional details are available here.

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Comprised of five sections, the exhibition traces the history of elite dining conventions from ancient Mesopotamia and Egypt to the present. The fourth section focuses on eighteenth-century France.

Les tables du pouvoir: Une histoire des repas de prestige
Musée du Louvre-Lens, 19 May — 26 July 2021

Organized by Zeev Gourarier with Michèle Bimbenet-Privat, Hélène Bouillon, Alexandre Estaquet-Legrand, Christine Germain-Donnat, and Marie Lavandier

Chapitre 4 : du service à la française au service à la russe

Le 18e inaugure de nouvelles manières d’envisager les plaisirs de la table. La forme trop protocolaire du Grand Couvert laisse si peu de place à la convivialité que, pour y échapper, on invente au sein des « petits appartements » à Versailles et dans les résidences privées du roi, la salle à manger puis la table à manger, de forme ronde. Dans le cadre des Soupers fins, on peut alors s’adonner en toute liberté et en bonne compagnie aux plaisirs d’une gastronomie en pleine effervescence. Le service offert par l’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche à Madame Geoffrin, qui tient l’un des plus célèbres salons artistiques et littéraires parisiens d’alors, rappelle l’atmosphère raffinée des repas consommés dans les toutes premières salles à manger au temps des Lumières.

À partir de 1740, la fabrique de Vincennes—transférée à Sèvres en 1756—met au point un procédé complexe de double cuisson qui permet d’obtenir une pâte onctueuse et translucide, la porcelaine tendre. L’exposition présente l’un des premiers services de table réalisés, à fond bleu céleste et décor de fleurs, offert à Louis XV. Ces pièces exceptionnelles font la renommée de la France dans toute l’Europe et créent une véritable diplomatie des services de Sèvres, abondamment offerts en cadeaux par le roi. Dès son instauration en 1804, le Premier Empire en devient un commanditaire majeur. Le Service Olympique fait partie des premiers services en porcelaine livrés à Napoléon. Il décore la table de fête au palais des Tuileries à l’occasion du mariage de son frère, Jérôme Bonaparte. La table du Cardinal Fesch, oncle de Napoléon, se déploie également au milieu du parcours. Sur un fond bleu lapis, imitant la pierre dure, le décor de portraits d’empereurs antiques à la manière des camées est un hommage subtil à Napoléon lui-même, qui lui offre ce service.

Au gré des régimes, la Manufacture de Sèvres habille les tables du pouvoir. À l’instar de la Présidence de la République, les ministères d’État disposent de leur propre vaisselle, passant commande aujourd’hui encore. Une table en miroir fait ainsi dialoguer le service des Départements (19e siècle) et son décor floral, au service Diane du ministère de la Culture, conçu vers 1960 et dont le décor est renouvelé en 2007 par l’artiste Fabrice Hyber.

À sa création à la fin du 18e siècle, la manufacture royale du Danemark rejoint la prestigieuse compétition que se livrent les différentes manufactures de porcelaine d’Europe. Elle réalise l’un des plus surprenants et opulents services de table de cette époque, le Flora Danica. Composé de plus de 1800 pièces à l’origine, il aurait été initialement destiné à l’impératrice de Russie Catherine II, grande amatrice de porcelaine, mais n’est jamais livré. Les motifs s’inspirent directement des planches illustrées du Flora Danica (« Flore du Danemark »), et forment comme un grand atlas botanique, avec plantes, champignons et autres lichens. Le service est aujourd’hui encore utilisé à la cour du Danemark lors des grandes occasions.

Dans le cadre de la pièce désormais réservée aux repas, la salle à manger, l’ordonnance du repas continue d’évoluer pour aboutir en un siècle à notre service actuel, dit « service à la russe ». Ce nouveau dispositif témoigne des transformations des modes de vie et de la culture alimentaire au début du 19e siècle. Il implique un nouvel ordonnancement des mets. Les plats ne sont plus présentés de manière harmonieuse et foisonnante en services successifs, mais sont désormais servis individuellement, simultanément à tous les convives. Ces dispositions permettent notamment à tous de manger chaud et réduisent le nombre de domestiques autour de la table. Les verres se multiplient et ne sont plus disposés sur des dessertes mais sur la table, et les couverts individuels s’alignent autour de l’assiette—tels que nous les connaissons aujourd’hui.

Zeev Gourarier, ed., Les tables du pouvoir: Une histoire des repas de prestige (Paris: Réunion des musées nationaux, 2021), 320 pages, ISBN: 978-2711878635, 40€.

A list of contents is available here»

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