Enfilade

Call for Papers: Rethinking Allegory

Posted in Calls for Papers by Editor on March 24, 2010

From the INHA site:

Pouvoirs visionnaires de l’allégorie: arts, théâtre et littérature
Journée d’études organisée par l’Université de Haute-Alsace et les Musées de Belfort, 30 September 2010

Proposals due by 15 May 2010

L’allégorie est fondamentalement inactuelle.
-Walter Benjamin

Allégorie réelle déterminant une phase de 7 années de ma vie artistique. Le sous-titre du célèbre tableau de Gustave Courbet L’atelier du peintre n’a pas fini de nous interroger en ce qu’il fixe étrangement le rapport de l’iconologie à la parole, de l’image à la rhétorique et à la répartition des rôles. Une telle assertion est à l’aune de cette journée d’études qui entend réunir des chercheurs pour éprouver les enjeux de ce titre en forme d’énigme.

L’allégorie change selon ses modes de représentation, elle est une « métafigure » pour reprendre l’expression de Pascal Maillard. L’allégorie n’est pas seulement un ornement rhétorique mais une forme d’imagination expressive qui contient et véhicule une vision du monde fondée sur un principe d’analogie (comme dans la gravure de Dürer, Melancholia) et qui conditionne une modalité particulière des rapports humains. Forme d’investigation et d’interprétation dont les modalités évoluent selon les périodes, les arts et les supports, l’allégorie est « un compromis fragile ». Rationnelle autant que conflictuelle, « elle rassemble pour mieux séparer. « Alchimie d’un invisible, poursuit Françoise Divorne dans Le sens voilé, elle se masque sur le mode d’un conflit puisqu’elle implique deux significations rivales voire contradictoires ». L’allégorie fait un double usage du détournement et des voiles – objets de théâtre et attributs de l’histoire de l’art propices aux changements et aux ruses de l’identité comme des personnes. Paradoxe donc de l’allégorie dont les artifices ne se dissimulent pas : le contraire du mensonge serait donc moins la vérité que le dévoilement du secret qu’il entend recouvrir ?

À quoi se reconnaît l’allégorie en littérature, au théâtre et en art ? Quelles sont les procédures opératoires que l’allégorie emprunte et les stratégies interprétatives qu’elle nécessite, sont-elles dépendantes d’une période ou d’un mode d’expression ? Un genre littéraire, théâtral et artistique est-il particulièrement apte à produire ses propres systèmes allégoriques ? Comment comprendre l’allégorie aujourd’hui après le structuralisme et dans la pensée post-moderne ? A-t-elle dans son inactualité fondamentale que remarquait Walter Benjamin les moyens de se renouveler ? Que ce soit en peinture, en sculpture, en poésie ou au théâtre, l’allégorie repose sur des principes de mise en scène et de dramaturgie qui donnent lieu à une distribution imaginaire des rôles.

Sans se restreindre ou se limiter à une période précise, on se demandera dans quelle mesure les éléments dramatiques de l’allégorie vont de pair avec un mouvement de pensée dont on essaiera de mettre en évidence la portée et les spécificités dans des périodes volontairement diversifiées.

La journée aura lieu au musée d’Histoire de Belfort à la Citadelle et donnera lieu à une présentation des collections du Musée des Beaux-Arts dont le parcours thématique s’ouvre sur une salle consacrée à l’allégorie.

Merci d’adresser vos propositions à Frédérique Toudoire-Surlapierre (frederique.toudoire@uha.fr) et Nicolas Surlapierre (nsurlapierre@mairie-belfort.fr) avant le 15 mai 2010.

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